French: Expansion mondiale du stockage d’énergie : opportunités sur les marchés émergents (Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Afrique)
2025-09-27

Introduction : La nouvelle frontière du stockage d’énergie
Les marchés émergents ne sont plus en retard dans la course mondiale au stockage d’énergie ; ils deviennent même leaders dans certains domaines. Au cours de l’année écoulée, nous avons observé une vague d’annonces de projets de grands systèmes de stockage d’énergie par batterie (BESS) au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Afrique — des régions confrontées à une forte pression sur le réseau, à un potentiel élevé pour les énergies renouvelables et à une demande énergétique croissante. Ce qui était autrefois considéré comme un territoire à risque attire désormais des investissements sérieux. Cet article explore les moteurs de cette expansion, met en lumière des réussites régionales, examine où se trouvent les plus grandes opportunités et souligne les risques à surveiller.
Principaux moteurs de croissance
Impulsion politique et réglementaire
Les gouvernements de nombreux pays émergents passent à l’action. L’Égypte, par exemple, a récemment signé des contrats d’achat de capacité pour un stockage par batterie autonome (1 500 MWh) à Benban et Zafarana.
Ces accords ne concernent pas seulement l’ajout de stockage ; ils signifient la reconnaissance par le gouvernement que le stockage est essentiel pour intégrer l’énergie solaire/éolienne, lisser les pics de demande quotidiens et réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles.
Ces accords ne concernent pas seulement l’ajout de stockage ; ils signifient la reconnaissance par le gouvernement que le stockage est essentiel pour intégrer l’énergie solaire/éolienne, lisser les pics de demande quotidiens et réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles.
Demande croissante et besoins du réseau
En Asie du Sud-Est, l’industrialisation croissante, les coupures fréquentes et la demande électrique en hausse poussent les pays vers des solutions de stockage d’énergie. Le Vietnam, par exemple, a révisé son plan énergétique pour augmenter significativement le solaire et le stockage, alors que le charbon devient moins viable sur le plan économique et environnemental. L’Afrique connaît également une demande croissante : dans de nombreux pays, tant les zones rurales qu’urbaines souffrent de lacunes d’approvisionnement, et le stockage d’énergie offre un moyen de compenser l’intermittence des renouvelables et de stabiliser les réseaux.
Réduction des coûts et innovation technologique
Les coûts des batteries continuent de baisser à l’échelle mondiale. Parallèlement, les conceptions modulaires de BESS, le stockage hybride (batterie + solaire + éolien) et l’amélioration des procédés de fabrication réduisent les coûts d’installation et d’exploitation. Les applications dans les marchés émergents bénéficient de structures de financement simplifiées et de financements de développement international (Banque mondiale, IFC, etc.). Ces évolutions font du stockage d’énergie non plus un luxe, mais une nécessité.

Focus régional : Moyen-Orient
Étude de cas : la montée en puissance des BESS à l’échelle des services publics en Égypte
L’Égypte est l’un des pays les plus dynamiques dans ce domaine. Le développement du pays dans le cadre du programme d’urgence pour les énergies renouvelables de 4 GW vise à réduire la dépendance au gaz naturel, et un élément clé est l’essor des BESS à l’échelle des services publics. Par exemple, le premier BESS à l’échelle des services publics d’Amea Power (300 MWh) est ajouté au parc solaire de 500 MW de Kom Ombo, dans le gouvernorat d’Assouan.
Le financement provient en partie de l’IFC, offrant un modèle de collaboration internationale. D’ici octobre 2026, l’Égypte prévoit de disposer de plus de 500 MWh de nouveau stockage par batterie sur le réseau.
Le financement provient en partie de l’IFC, offrant un modèle de collaboration internationale. D’ici octobre 2026, l’Égypte prévoit de disposer de plus de 500 MWh de nouveau stockage par batterie sur le réseau.
Plans ambitieux de l’Arabie saoudite pour les énergies renouvelables
L’Arabie saoudite a fixé des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables pour 2030 et au-delà, stimulant les appels d’offres et approuvant des projets combinant solaire, stockage et éolien. Des rapports font état de BESS à grande échelle contractés pour l’équilibrage du réseau, la gestion de la demande et le stockage à l’échelle des services publics afin de soutenir la croissance rapide de la production solaire. Bien que les détails varient, cette dynamique nationale représente de grandes opportunités pour les développeurs, les fabricants de batteries et les sociétés de financement capables de naviguer dans les contraintes réglementaires et infrastructurelles.

Focus régional : Asie du Sud-Est
Transition solaire et intégration du stockage d’énergie au Vietnam
Le Vietnam réécrit sa feuille de route énergétique. Avec un objectif solaire de 16 % (contre des bases beaucoup plus faibles), le pays intègre le stockage par batterie pour gérer l’intermittence solaire et la congestion du réseau. Les récentes réformes politiques visent à simplifier l’octroi de permis pour les projets solaire+stockage, accélérant ainsi la réalisation des capacités annoncées.

Philippines et Indonésie : îles, réseaux et besoins en stockage
Dans ces pays, de nombreuses îles ou régions isolées dépendent fortement de générateurs diesel ; le stockage par batterie offre une alternative plus propre et durable. L’Indonésie développe plusieurs projets combinant solaire et BESS pour réduire les coûts de carburant. Les Philippines explorent également le stockage d’énergie dans le cadre de la modernisation de leur réseau, notamment via des programmes de réponse à la demande soutenus par le stockage. Ces régions offrent de solides opportunités pour des solutions de stockage modulaires et flexibles.
Focus régional : Afrique
Afrique du Sud : projets BESS gagnants et approvisionnement
L’Afrique du Sud est devenue un véritable indicateur du stockage sur le continent. AMEA Power de Dubaï a récemment remporté deux projets BESS de plus de 300 MWh dans le cadre du programme d’approvisionnement sud-africain, visant à soulager la pression sur le réseau d’Eskom. Ces appels d’offres compétitifs encouragent des prix plus compétitifs et une meilleure qualité chez les fournisseurs.

Sénégal, Égypte et Afrique de l’Est : dynamique solaire-plus-stockage
Le projet Niakhar au Sénégal est un exemple récent : 30 MW de solaire associés à 45 MWh de stockage pour gérer la demande quotidienne. En Afrique de l’Est, des pays comme le Kenya, l’Ouganda et l’Éthiopie reçoivent des financements privés et de développement pour déployer le stockage en vue de l’électrification rurale et de la stabilisation des réseaux. Parallèlement, l’Égypte continue de jouer un rôle de premier plan avec le développement de BESS autonomes à Benban et Zafarana.
Opportunités et défis d’investissement
Modèles de financement et partenariats internationaux
Beaucoup de ces initiatives dans les marchés émergents sont rendues possibles grâce au financement mixte : combinaison d’institutions financières de développement (IFC, BAD), de capital-investissement et d’incitations gouvernementales. Par exemple, le BESS de 300 MWh à Assouan a été financé en partie par l’IFC.
Les PPP (partenariats public-privé) se développent également, surtout là où les compagnies nationales de transmission doivent gérer les pics de demande.
Les PPP (partenariats public-privé) se développent également, surtout là où les compagnies nationales de transmission doivent gérer les pics de demande.
Chaîne d’approvisionnement et production locale
Une tendance à surveiller : la localisation des chaînes d’approvisionnement. La fabrication de composants solaires se développe dans la région MENA – la production locale réduit les importations, les coûts logistiques et les délais. La fabrication de batteries (cellules, systèmes PCS, équipements thermiques) reste encore largement dépendante des importations dans de nombreux marchés émergents, mais les gouvernements s’intéressent de plus en plus à l’incitation à la production nationale.

Risques et obstacles : ce qui pourrait freiner la croissance
Défis technologiques et cycle de vie des batteries
La dégradation des batteries sous des climats difficiles (chaleur, humidité) peut réduire leur durée de vie. Les systèmes doivent être conçus pour une haute résilience thermique. De plus, la fiabilité des composants (onduleurs, BMS) sous utilisation intermittente peut poser un défi.

Retards réglementaires et d’autorisation
Même lorsque l’investissement est annoncé, des retards dans les autorisations, l’acquisition de terrains, la connexion au réseau et les contrats d’achat d’électricité (PPA) peuvent freiner la livraison des projets. En Asie du Sud-Est, des réformes sont en cours, mais la mise en œuvre varie fortement selon les régions.
Risques financiers et liés aux devises
Les marchés émergents sont souvent confrontés à la volatilité des devises, à l’inflation et à des régimes de subventions incertains, ce qui peut affecter les rendements. Assurer des contrats solides, couvrir le risque de change et choisir des partenaires financiers stables est essentiel.
Conclusion : saisir l’opportunité
La vague du stockage d’énergie au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Afrique est réelle — et s’accélère. Avec des politiques alignées, des coûts en baisse et une demande en hausse, les marchés émergents offrent certaines des meilleures opportunités inexploitées au monde. Les projets en Égypte, en Afrique du Sud, au Vietnam et au Sénégal montrent que les BESS à grande échelle peuvent être réalisés, financés et étendus. Mais le succès dépend de la navigation dans la complexité réglementaire, de l’assurance d’une résilience technique (face aux variations climatiques et d’utilisation) et de la sécurisation d’un financement stable. Pour les développeurs, fabricants et investisseurs qui maîtrisent la formule, c’est un moment fertile.
Questions fréquemment posées
1. Qu’est-ce qui rend les marchés émergents attractifs pour les investissements dans le stockage d’énergie ?
Les marchés émergents sont souvent confrontés à l’instabilité du réseau, à des pics de demande et à des opportunités dans les énergies renouvelables. Combinés à un financement compétitif et à des réformes politiques favorables, ils offrent des rendements parfois introuvables sur les marchés développés saturés.
2. Sur quelles tailles de capacité les marchés émergents se concentrent-ils ?
Différentes échelles — allant de dizaines de MWh pour le stockage distribué ou les îles, jusqu’à des centaines de MWh (par exemple 300 MWh–1 GWh) pour des projets à l’échelle des services publics (comme en Égypte et en Afrique du Sud).
3. Comment le financement des grands projets de stockage d’énergie est-il structuré dans ces régions ?
Souvent via un financement mixte : banques de développement internationales, partenariats public-privé et investissement du secteur privé. Des garanties ou un soutien souverain peuvent contribuer à réduire le risque.
4. Quels sont les risques techniques que les développeurs doivent atténuer ?
Défis climatiques (chaleur, poussière, humidité), dégradation des batteries, problèmes de connexion au réseau et fiabilité des composants tels que le BMS et les onduleurs.
5. Comment la fabrication locale peut-elle stimuler les opportunités dans ces régions ?
Local manufacturing reduces costs for shipping and import duties, shortens lead times, and builds local jobs and skills. It also helps with maintaining systems through local supply chains.
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